L’AETA Bretagne a organisé  mardi 6 septembre une visite de la Cité des Télécoms de Pleumeur-Bodou (22), suivi d’une visite du Village Gaulois situé juste à côté de ce musée. Des flyers faisant la publicité de cette journée avaient même été posés sur le pare-brise des véhicules ‘bretons’ lors du 50eme de l’AETA à Saintes le 4 juin 2016.

Le rendez-vous était fixé à 09h30. Le bureau avait prévu café et  gâteaux pour accueillir les nombreux arpètes et compagnes venus  participer à cette journée.

Présentation par Dominik du programme de la journée et des festivités à venir

Présentation par Dominik du programme de la journée et des festivités à venir

A 10h00, nous nous sommes dirigés vers l’entrée du Musée des Télécoms. Notre président régional, Dominik Hermouet, a profité du temps dont nous disposions avant la visite commentée pour souhaiter  la bienvenue aux participants et parler des  prochains rendez-vous : réunion du C.A breton, et surtout célébration de la Saint Eloi, le 2 décembre, après le succès de celle de l’an dernier. Le vice-président national,  Bernard Duvigneau, prend ensuite  le relais pour parler de l’AETA, et  en particulier du succès de la journée du 50éme de notre association. Il invitera aussi les arpètes Bretons à venir le 7 octobre au ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe.

11h00 : début de la visite. Notre guide commence par expliquer  l’étymologie du terme « télécommunication » et nous parle du vieux rêve de pouvoir communiquer rapidement à distance. Le circuit de la visite débute  par l’historique des différents moyens de  télécommunication ; pour résumer, cela va du nuage de fumée, évoqué par certains d’entre nous, aux télécoms actuelles par satellite et câble sous-marins, en passant par le courrier à cheval, le télégraphe  de Chappe dans les années 1793-94  (utilisant un livre de code, ce système permettait – de jour et par beau temps – de transmettre un message du nord au sud de la France en quelques dizaine de minutes). Puis  l’arrivée de la fée électricité inaugure une nouvelle ère : grâce aux travaux de C.Cooke et  D.Weatstone et au codage inventé par Samuel Morse, le message arrive en quasi instantané.

 Notre périple dans ce musée continue par des salles présentant l’historique de la pose de câbles sous-marins ;  la première tentative de pose en 1857 d’un câble transatlantique  ayant échoué,  la pose d’un second câble en 1858 a été réussie, mais le système ne fonctionnera que 15 jours (ces câbles, énormes, ne contenaient qu’un fil de cuivre, ne permettant donc qu’une seule liaison à la fois).

 Les câbles sous-marins actuels, qui drainent toujours la majorité des circuits de télétransmissions, sont composés de fibres optiques constituées de « cheveux » de verre dont notre guide nous fait passer un exemplaire.

Les différents types (cuivre ou fibres) de câbles sous-marins sont équipés de répéteurs. En 1992, dans le câble SEA-ME-WE 3 reliant l’Europe au Pacifique, l’utilisation de 8 longueurs d’ondes optiques permet d’atteindre 20 Gigabits soit l’équivalent de 500 000 circuits téléphoniques.                 

Puis vient l’avènement de la radiodiffusion, qui va bouleverser le monde des communications.

Evolution de la capacité des câbles coaxiaux

Evolution de la capacité des câbles coaxiaux

Un autre moyen de mettre en relation 2 points du globe voit le jour dans les années 1960 : les satellites de télécommunication, permettant de s’affranchir de lourdes infrastructures de télécommunications au sol.

L’auditoire attentif

L’auditoire attentif

En parallèle de l’évolution des câbles de liaisons, l’électronique et l’informatique se développent. Différentes salles de ce musée vraiment captivant pour qui s’intéresse à la technique, et les explications de notre sympathique guide nous  permettent de passer en revue l’histoire, très récente en fait, des progrès fulgurants de ces techniques (après les tubes à vide, le premier transistor a été inventé par les laboratoires Bell en décembre 1947).

Ces transistors vont faire évoluer l’électronique, mais aussi permettre le développement de l’informatique, puisque leur principe est à la base de la structure des microprocesseurs, dont la capacité passe de 60 000 instructions par seconde au début des années 70 (Intel 4004), pour atteindre 76,3 millions (MIPS) avec l’Intel  Core i5 dans les années récentes.

Evolution de la capacité des microprocesseurs

Evolution de la capacité des microprocesseurs

En parallèle à la rapidité de traitement de l’information par ces nouveaux composants , les supports de stockage évoluent aussi, puisque  de la carte perforée ne permettant de stocker que quelques dizaines de caractères,  on arrive aux supports magnétiques actuels, en passant par le disque souple, la disquette,  le disque dur, sans oublier le CD puis le DVD etc.

Notre parcours continue par la représentation dynamique du fonctionnement des liaisons internet et de la manipulation virtuelle d’objets, par exemple, l’assemblage de composants d’un PC par de simples gestes de la main, sans l’utilisation de souris. Notre guide nous explique ensuite le fonctionnement d’une imprimante 3D et nous fait passer différents objets réalisés par ce type d’imprimante qui ouvre des possibilités fantastiques dans de nombreux domaines.

Réseau internet dont le routage des informations change dynamiquement si on pose le pied sur un des nœuds

Réseau internet dont le routage des informations change dynamiquement si on pose le pied sur un des nœuds

Puis nous nous dirigeons vers le radôme, un ballon en épaisse toile de Dacron caoutchouté, en légère surpression, de 64 m de diamètre, abritant le cornet de l’antenne qui a permis la première liaison de télévision entre les Etats-Unis et l’Europe. Cette antenne mesure 54 m de longueur pour un poids de 340 tonnes.

Notre guide nous explique la concurrence entre la France et l’Angleterre, pour la construction du point de réception européen de cette liaison, le site français est construit en 9 mois.

L’équivalent aux Etats-Unis était situé à Andover, dans l’état du  Maine, site qui a été détruit lorsqu’il n’a plus été utilisé, et seule la France a conservé son installation, en faisant un magnifique musée.

La première liaison de télévision transatlantique, en Mondovision, a lieu le 11 juillet 1962, le signal utilisant le satellite Telstar lancé la veille de Cap Canaveral. Ce satellite tournant autour de la terre (satellite à défilement), la durée des échanges ne dépassait pas les 20 minutes ; Telstar aura une durée de vie de seulement 5 mois, et sera remplacé par Telstar2 permettant une durée de « visibilité » entre les 2 côtés de l’Atlantique de…1 heure. Après ces explications, un spectacle « son et lumière » met en scène l’histoire du radôme et de l’antenne cornet.

L’entrée de l’antenne-cornet, la « grande oreille ».

L’entrée de l’antenne-cornet, la « grande oreille ».

Eh oui, c’était hier ! Maintenant, grâce aux satellites géostationnaires, la liaison entre 2 points est permanente ; en peu de temps, on est ainsi arrivé aux possibilités d’échanges actuelles, qui  utilisent  les câbles sous-marins-dont les capacités de nombre de circuits est loin d’être saturée et les satellites,  en complément des moyens de liaisons terrestres.

L’arpète spécialité « calculateurs » que je suis, et qui a eu en tant que civil l’occasion de travailler en Afrique du Sud dans une station de poursuite de satellites (où j’ai rencontré de nombreux anciens techniciens de l’Armée de l’Air dont des arpètes, bien sûr) et qui ensuite a fait toute sa carrière dans l’informatique, hardware puis software, a ainsi revu dans ce Musée si intéressant un excellent concentré de l’évolution de techniques que j’ai eu l’occasion de vivre, d’utiliser et de mettre en œuvre au cours de ma vie professionnelle.

Les arpètes et leurs compagnes en visite au Parc du Radôme

Les arpètes et leurs compagnes en visite au Parc du Radôme

Après plus de 2 heures de visite guidée, nous quittons notre sympathique et compétent guide, et le site du radôme, non sans avoir pris une photo de groupe, pour nous diriger en covoiturage, vers le restaurant « Au gai logis » dans le centre de Pleumeur-Bodou.

Au restaurant nous attendaient d’autres arpètes, un « nénesse », mais aussi  en particulier Yves Nédelec, P35, qui fut maire de Lannion de 1983 à 1989, ville voisine de Pleumeur-Bodou, mais également conseiller général de Bretagne pendant 12 ans, de 1986 à 1998. Pendant le repas, copieux et de bonne qualité, Yves nous a décrit l’évolution de Lannion, qui a bénéficié de la construction  du site de Pleumeur, mais qui aussi, en a subi les conséquences lors de sa fermeture en 2003, avec de forts mouvements sociaux à partir de 1999, lors de l’annonce de la fermeture définitive du site.

Yves Nédelec nous raconte l’histoire de Lannion

Yves Nédelec nous raconte l’histoire de Lannion

Après ce bon repas, retour sur le Parc du radôme, pour la visite du Village Gaulois, situé à quelques mètres du Musée des Télécoms.

Vue partielle du village gaulois avec le radôme en arrière plan

Vue partielle du village gaulois avec le radôme en arrière plan

Etonnant site, là encore, car le responsable du Village nous attendait pour nous expliquer le cadran solaire. Bien simple, me direz-vous ! Que nenni !!! Car il ne s’agissait pas en l’occurrence de décrire la pierre gravée avec son index en métal, tel que celui que l’on rencontre parfois sur de vieilles façades, mais d’un cadran solaire unique au monde, par sa dimension et son aspect. Encore une fois, Pleumeur-Bodou est à la pointe de la technique !

Le cadran solaire avec la carte d’une partie de l’Afrique équatoriale à l’envers

Le cadran solaire avec la carte d’une partie de l’Afrique équatoriale à l’envers

Le principe de ce cadran : un trou de 5 mm dans la toiture de la hutte vient éclairer la carte en faisant une tache de lumière de quelques centimètres, et se déplace selon la course du soleil, ou plus exactement, de la rotation de la terre. On positionne la règle de manière à centrer ce spot sur celle-ci ;  on peut alors lire l’heure sur le système de graduations situé en bas de la règle,  la date étant indiquée par l’endroit éclairé sur la règle elle-même. Ingénieux, non ?

La règle et son système de lecture de l’heure

La règle et son système de lecture de l’heure

Vous me demanderez  pourquoi la carte représente-t-elle cette région d’Afrique ? eh bien, parce que ce parc à thème et son association MEEM (le Monde des Enfants pour les Enfants du Monde) a décidé de participer au développement d’une région pauvre d’Afrique;  le parc consacre ainsi 60% des bénéfices des mois de juillet et août à ces actions humanitaires au Togo, pour financer 5 écoles, 2  collèges et prochainement un lycée. Un magnifique exemple de solidarité, non ?

Notre guide nous présente ensuite les différents types de cadrans solaires « classiques », tels que le scaphe romain, le grec, le cadran canonial, indiquant les heures de prière, le cadran vertical à style polaire, etc. Voici un lien vers le site de ce parc : http://www.levillagegaulois.org/index.php?lg=fr

Après ces savantes explications, nous visitons quelques constructions et attractions de ce Village, où nous pourrions passer de nombreuses heures, ce qui ferait aussi la joie des enfants, puisque plusieurs jeux anciens ont été mis en scène. On y apprend également comment est structuré un village du Togo, et les coutumes locales africaines sont bien expliquées.

L’heure arrive où il faut malheureusement se quitter ; après avoir pris congés les uns des autres, chacun regagne son véhicule, pour prendre la route du retour ou prolonger la visite de la Bretagne, la tête pleine des bons souvenirs de cette belle journée ensoleillée et heureux d’avoir revu des copains.

Ces visites ont été fort instructives. Le Musée des Télécoms mériterait d’avoir le temps de parcourir à son rythme les différentes salles-après avoir suivi la visite guidée-, de pouvoir ainsi réaliser les différentes expériences proposées, et de lire tous les descriptifs proposés. Le Village Gaulois offre de multiples activités ; le temps nous a manqué pour explorer  tout ce que le Village offre.

 En plus de ces 2 parcs visités lors de cette sortie des arpètes bretons, le Parc du radôme comprend également le Planétarium de Bretagne et  ArmorScience. L’occasion pour nous d’y retourner en prévoyant de passer plusieurs jours dans la région de Pleumeur-Bodou, et de voir ou revoir la côte de granit rose située à proximité. La ville de Lannion mérite elle aussi le détour.

Merci aux organisateurs pour ces belles heures de convivialité dans cet endroit de Bretagne si riche en lieux touristiques mais sans doute pas assez connu !        

Jacques MOREL, P52